Nous n'avons pas pu avoir de billets pour le train express reliant Samarcande à Tashkent, nous allons donc prendre le train plus lent qui part à 7h. Nous nous levons à 6h, notre hôtesse a insisté pour nous préparer un petit déjeuner malgré l'heure. Le jour est déjà levé, et il fait divinement frais dans le jardin pendant que nous dégustons notre thé. Puis Dennis nous emmène en taxi à la gare : il doit parfois avoir affaire à des touristes pas très débrouillards, car il insiste pour nous conduire jusqu'à notre place dans le wagon ! Le trajet dure 6h, contre 4h pour le train rapide. Les grandes banquettes rouges du wagon sont un peu dures, mais il y a beaucoup de place. Comme dans tous ces voyages où on a le temps, nous parlons beaucoup avec nos voisins : Rita, une dame russe très apprêtée et maquillée, Aziz, un grand Ouzbek brun, et enfin un policier très jeune qui sourit tout le temps. Encore une fois, ils sont très curieux et veulent tout savoir sur notre mode de vie, discutent entre eux du prix des choses après nos réponses... Rita sort un sac de bonbons et insiste pour que nous en prenions : je n'arrive pas à refuser, malheureusement, car il y a sûrement de l'arachide dans l'un d'entre eux et j'ai une réaction allergique. Je fais alors semblant de dormir un moment pour ne plus avoir à manger de bonbons, mais je passe le reste du voyage très fatiguée, avec un fort mal de ventre. Le guide de conversation russe/anglais que nous avons sortis remporte beaucoup de succès, et fait le tour de nos voisins qui cherchent des mots anglais pour parler avec nous.
Arrivés à Tashkent, nous nous rendons tout de suite dans l'hôtel situé à l'intérieur des bâtiments de la gare. Le confort est spartiate (pas de douche, juste un lavabo à l'étage !) mais les prix sont imbattables : 8000 sums (4 euros) pour la nuit ! Il y a un gros cafard qui se balade sur la moquette de notre chambre, mais sinon c'est tout à fait propre.
On part se balader dans Tashkent. C'est une ville à l'architecture clairement soviétique, qui a néanmoins bien vieilli. Dans les rues les gens sont majoritairement habillés à l'occidentale, contrairement à Bukhara ou Samarcande. Une majorité des filles d'origine russe porte même des jupes extrêmement courtes ! La ville est très verte, avec de nombreux parcs et beaucoup d'arbres dans les rues : c'est agréable. Par contre, il n'y a pas de petites rues, seulement d'immenses boulevards un peu fatigants à arpenter, surtout en plein soleil ! Nous changeons de l'argent dans une banque extrêmement moderne, puis nous nous reposons quelques instants dans un parc, devant une martiale statue équestre de Timur. A la sortie du parc, il y a une exposition de peintures en plein air, posées sur le sol. Nous nous arrêtons un peu pour les regarder, et pendant ce temps un jeune homme Uzbek se décide à nous aborder par un "You look like foreigners...". Indeed ! Il est étudiant en économie et voudrait faire un master à l'étranger, mais se demande quel est le meilleur pays pour faire ça. Nous discutons un bon moment, debout au milieu des peintures. Nous finissons par lui conseiller de chercher avant tout un pays où il pourra avoir une bourse pour ses études, vu le coût de la vie en Occident, et qui est accueillant pour les étrangers (notamment pour avoir un visa de travail).
Nous continuons notre traversée de Tashkent. Nous passons à travers un immense parc où les enfants se baignent dans un canal. Nous mangeons un morceau dans un petit café, puis nous poussons jusqu'au grand bazaar de la ville, encore en pleine ébullition à 18h. Contrairement à ce qu'on pourrait croire, les bazaars sont des endroits très organisés, celui de Tashkent en particulier : dans les escaliers, des petits rails ont été installés pour permettre de monter les charrettes plus facilement, on trouve partout des vendeurs de sacs et de cabas pour mettre ses courses, etc. Il se fait tard et nous rebroussons chemin. Le retour est bien long : on a traversé tout Tashkent ! En chemin nous nous arrêtons dans un petit boui-boui pour manger des shashlyks. Le café est tenu par trois filles russes : l'une d'entre elles prend les commandes et sert, la deuxième prépare les bières, et la troisième reste tranquillement assise sur sa chaise à faire des commentaires sur les passants !