Aujourd'hui, nous quittons l'Ouzbékistan pour le Kirghistan. Nous avons un vol à 8h30 pour Bishkek, la capitale kirhize. Nous partons de l'hôtel à 6h, il fait déjà jour. Nous n'avons aucun problème à trouver juste devant la gare un taxi qui nous emmène à l'aéroport. Le passage de la douane s'effectue sans aucune problème, contrairement à ce qu'on nous avait raconté : le policier regarde rapidement la feuille où nous avons marqué la quantité de devises que nous transportons, et nous laisse passer sans rien nous demander. C'est un soulagement ! Nous volons avec la compagnie Uzbekistan Airlines, et notre avion n'est pas le Tupolev annoncé sur le billet, mais un Airbus. L'avion est majoritairement occupé par un groupe d'Allemands du troisième âge, qui nous demandent si ça ne nous fait pas peur de voyager tous seuls. Nein, keine Angst !
Arrivés à l'aéroport, nous faisons faire notre visa au service consulaire : le Kirghistan permet aux ressortissants d'un certain nombre de pays occidentaux, dont la France, de faire leur visa automatiquement en arrivant à l'aéroport. Il suffit de donner un photo, et de payer 35 dollars pour le visa : c'est extrêmement pratique. Nous changeons des dollars en soms kirghizes, puis on prend la marshrutka qui va de l'aéroport de Manas à Bishkek, après avoir réussi à traverser le bataillon de taxis.
A Bishkek nous nous rendons à la guesthouse "Ultimate Adventure", qui est le camp de base d'une agence de voyage française. Son équipe nous a donné beaucoup de renseignements sur la Kirghizie pendant que nous étions encore en France. Nous devons marcher un petit moment pour rejoindre la guesthouse, un peu excentrée. Les gens dans la rue sont très gentils et nous aident à trouver le chemin. Nous trouvons enfin la guesthouse. Smaïl nous y accueille : c'est un Algérien qui parle 9 langues et a pas mal roulé sa bosse avant de se fixer en Kirghizie il y a une dizaine d'années. Il dirige l'équipe kirghize de l'agence avec beaucoup de bonne humeur et d'efficacité. Nous discutons un peu dans le jardin pendant qu'il nourrit son bébé, la petite Kahina qui est la vedette de la maison !
Puis nous partons faire les courses pour nos randonnées : nous achetons des cartes dans un petit magasin à l'étage d'un immeuble sur l'avenue Kiev, à peine indiqué. Ce sont des 1:200000, donc pas très précises, mais c'est tout ce qu'il y a. Pour les cartes plus précises, Gaël avait fait un gros travail à Paris pour aller chercher des cartes de l'armée soviétique sur Internet, puis les faire imprimer sur du papier spécial. Ensuite nous galérons longtemps pour essayer de trouver du gaz : notre réchaud fonctionne au gaz, mais c'est très dur d'en trouver, ici la plupart des gens utilisent du pétrole. Sur l'avenue Moskva, nous trouvons un magasin de sport qui a un rayon randonnée, mais pas de gaz. Ils nous conseillent un magasin de chasse/pêche juste à côté, mais qui est fermé. Nous remettons donc la quête de gaz à plus tard, en espérant que nous pourrons en acheter à la guesthouse. Nous faisons ensuite les courses alimentaires au supermarché Beta Store, qui ressemble en tout point à un supermarché parisien. Ca aurait été beaucoup moins cher de faire nos courses au bazaar, mais nous n'avons pas beaucoup de temps et le Beta Store est juste sur notre chemin. Nous y trouvons quand même certains produits qu'il n'y a pas dans les bazaars, comme du muesli ou de l'instant pudding.
Nous rentrons à la guesthouse, où est arrivé Sacha, le chef des guides d'Ultimate Adventure. Nous lui posons plein de questions sur les randonnées, la quantité de neige, les passages de col, les transports, le logement, etc. Il connaît super bien les montagnes qu'il sillonne sans cesse avec les groupes, ou pour découvrir de nouveaux endroits pour randonner. Il nous conseille un programme constitué de plein de petits sauts de puce : cela aurait l'avantage de nous faire découvrir plein de jolis endroits sans trop nous fatiguer, mais nous souhaitons faire des randos un peu plus longues, sans devoir reprendre un véhicule tous les deux jours. En tout cas, Sacha est une véritable mine de renseignements, dont certains nous seront bien utiles par la suite. Il est tard quand nous sortons du bureau du guide, nous sortons manger rapidement un morceau au café du coin. On a juste le temps de commander manti, et laghman (une soupe épicées de nouilles au boeuf, super bon), puis la lumière s'éteint et c'est une soirée karaoké qui commence. Il n'y a pas beaucoup de monde, mais presque tout le monde danse et a l'air de bien s'amuser, pendant qu'une fille très concentrée fait une reprise réussie de Smooth operator. Il est tard et nous avons encore nos sacs à préparer, les cartes à regarder, donc nous partons. Mais nous serions bien restés un peu plus danser avec les Bishkekois !