Ala-Kul en ete wikipedia

Asie Centrale

Lundi 26 mai : aller-retour au lac Ala-Kul

Ala-Kul

Aujourd'hui on laisse la tente au camp pour faire une balade à la journée, ça fera moins à porter. Avant de partir nous montons le sac de Gaël en hauteur sous la branche d'un arbre, comme nous l'avions fait pour la nuit, pour éviter que les ours (ou les rongeurs) ne s'y attaquent.

Ala-Kul Ala-Kul

Nous partons au lac Ala Kul, un lac glaciaire à 3500 m d'altitude (ça nous fera donc 1000m de dénivelé). Le chemin traverse la rivière, puis monte sec dans une petite forêt de sapins et de bouleaux. Il est très bien tracé, et poursuit dans une succession de montées raides et de plateaux. Des marmottes ou des lièvres pas très farouches gambadent près de nous. Il fait beau, avec un léger voile nuageux. Nous arrivons au lieu-dit de Sirota, un camp de base pour continuer ensuite sur Ala Kul. Il y a de nombreuses traces de camp, même une petite baraque. Nous atteignons la limite de la végétation peu après Sirota, et nous continuons à monter dans des pierriers. Gaël porte gentiment le sac pour nous deux. On devine le lac derrière un piton rocheux : encore un effort ! Le col (au sens mathématique) passerait par une cascade de glace, donc le chemin passe plutôt par un long pierrier qui vient rejoindre un épaulement au-dessus du lac. Nous avons une surprise à la vue du lac : il est gelé, et recouvert par endroits d'une épaisse couche de neige ! Ca contraste pas mal avec les photos de carte postale que nous avons vues du lac, dont les eaux sont habituellement d'un beau bleu turquoise ! Par rapport à ces cartes postales, le paysage gagne en majesté ce qu'il perd en charme : au creux d'un cirque de montagnes acérées, le lac déroule sa longue silhouette sinueuse de glace. C'est un paysage austère, de roche et de glace. Nous pique-niquons rapidement, sans nous attarder car il fait un peu froid. Nous constatons que si les faces nord sont bien enneigées, les faces sud sont complètement sèches jusqu'à 4000 m : c'est bon à savoir pour la suite.

La descente est à peine plus rapide car la progression est difficile dans les pierriers. C'est d'ailleurs un peu fatigant pour les articulations ! Le temps se couvre de plus en plus. On reprend un peu de pique-nique à Sirota, à couvert du vent sous les pins. Le fromage légèrement spongieux acheté à Bishkek est absolument délicieux. J'avance lentement, assez fatiguée. Quelques gouttes de pluies commencent à tomber.

Arrivés au camp, nous constatons que quelqu'un a monté sa tente à côté de nous : c'est un jeune Anglais au look roots, fort mal équipé (jeans, mauvaise tente...), qui mange un grand plat de nouilles allongé dans l'herbe. Il est 16h30 (on a marché 8h !), je me lave rapidement avec l'eau du torrent (bien froide, mais ça fait du bien !), avant de faire une lessive avec Gaël. Un troupeau de chevaux descend la vallée et traversent la rivière, pour rester tout près de notre camp (ils ne peuvent de toute façon pas aller plus loin, car la vallée est fermée. Ces vallées très étroites par endroits sont très pratiques pour les éleveurs qui peuvent laisser leurs troupeaux pendant des semaines sans surveillance, en mettant juste une barrière à un endroit). Il commence à pleuvoir pas mal. Nous mangeons une grande gamelle de semoule bien bourrative.

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