Dernière sortie de la saison, en ce qui me concerne. Je me suis greffé sur une sortie en Oberland, encadrée par François Pache et Éric, mon père.
Le car nous a laché à Brigg. De là il a fallu prendre le train jusqu'à l'entrée de la Lötchental (je ne me souviens plus du nom du bled), puis le car postal jusqu'à Blatten. Là, point de taxis, donc nous avons marché jusqu'à Flafer-Alp. A Flafer-Alp la neige n'était pas au rendez-vous, donc nous avons continué à pied. Nous ne sommes pas arrivé tôt au refuge.
La Jungfrau : un sommet légendaire. La météo n'était pas a priori trop favorable mais nous sommes tout de même partis de Hollandia au jour. Après le faux plat en descente jusqu'à Koncordia Platz, et le faux plat en montée vers la Jungfrau Joch nous avons attaqué la pente de la Jungfrau. Le sommet apparaissait et disparaissait dans les nuages. Au moment de chausser les crampons, à 300 mètres du sommet le ciel c'était dégagé. 300m de crampons en monté, je me suis amusé, mais arrivé au sommet j'avais le vertige. Et pour la descente j'ai eu du mal.
Après la Jungfrau nous avons traversé le Jungfrau Joch pour aller à refuge du Mönch. Le Jungfrau Joch est un endroit bizarre : à 3400m d'altitude, coincé entre la Jungfrau, le Mönch et l'Eiger on trouve une gare de train d'où débouchent des touristes japonais. Il y a même une piste dammée où marchent des gents en habits de villes. Nous l'avons emprunté pour aller jusqu'à refuge du Mönch. Des touristes que nous croisions m'ont demandés (en Allemand !) d'où nous venions, et quand j'ai dit "Jungfrau" ils ont hochés la tête d'un satifait.
J'étais mort de fain car ma lenteur à la descente en crampon m'avait fait loupé la pause déjeuné. Quand nous sommes arrivés au refuge la "gross bier" habituelle a été de rigueur. Elle était plus chère qu'aux autres refuge, et les panneaux étaient traduit en japonais !
Nous étions tôt au refuge et Philippe insistait pour faire le Mönch dans l'après midi, mais le seul sommet qui ai été gravit c'est celui du dortoir.
Ce matin la météo était pas bien bonne : beaucoup de vent, de la neige et pas vingts mètres de visibilité. Nous nous sommes levés pour le petit déjeuné (je ne me souviens pas de l'heure mais c'était trop tôt) puis nous nous sommes recouchés dare-dare. Sur le coup de 9h les gardiens s'apprêtent à nous mettre dehors, mais nous partons de nous même. Nous voulons faire le Fisherhorn en traversée : montée dans un couloir et redescente sur le glacier que j'avais déjà fait en famille l'année dernière. En arrivant au bas du couloir le temps été dégagé et nous avons pu nous y engagé. La fin c'est faite en crampon. J'ai pu prendre de jolie photos.
Puis il a fallu faire l'arrête pour arriver au sommet. Je n'ai pas brillé, comme d'habitude sur les arêtes. A la descente j'ai apperçu l'arête du Finnsterahorn, l'objectif du lendemain. 300 mètres d'arête avec un à-pic de 800 mètres d'un coté, non ce n'est pas pour moi.
A la descente je m'attarde pour prendre des photos. Lorsque je traverse un pont de neige au dessus d'une crevasse d'une bonne vingtaine de mètres de profondeurs il s'effondre derrière moi. Pas sous moi, heureusement, mais derrière moi. Cela fait tout de même un peu bizarre.
Les prévisions météo étaient encore pires pour le dimanche que pour les autres jours. Le matin en nous levant le ciel était dégagé. Nous avons attaqué la pente qui monte à l'arrête sommitale. Je ne comptais pas faire l'arête, mais la pente de montée est une superbe pente raide et skiable qui monte directement au dessus du refuge, qui elle me tentait bien.
Au fur et à mesure que nous montions le vent augmentait. Les rafales étaient très puissantes et brusques et il fallait se courber sur les battons pour ne pas être envoyé dans la pente. A mis chemin nous croisons un groupe qui nous dis que c'est encore pire au dessus et qu'ils ont fait demi tour. Nous décidons de faire de même. Une partie du groupe veut encore monter un peu pour profiter de la vue. Je décide de dépeautter là où je suis, j'espère être plus abrité. Comme ils tardent à descendre nous descendons sans eu. La neige est dure et je n'ose pas attaquer bien fort dans la pente.
Nous nous arrêtons au refuge pour attendre les autres. Deux d'entre eux arrivent avec une mauvaise nouvelle, l'un d'entre eux à fait une mauvaise chute. Il a perdu un ski, c'est ouvert le front et boite. Il est resté en haut avec quelqu'un pour s'occuper de lui. Nous appelons l'hélico. Celui met du temps à venir car il était déjà occupé à évacuer quelqu'un. Alors que nous attendons au refuge le blessé arrive ! Il est redescendu tout seul à pied. Nous préférons tout de même l'évacuer.
De la Finnsterahorn hütte jusqu'à Blatten à travers Koncordia platz et la Lötchental, c'est une bavante ! En débarquant sur Koncordia platz, alors que nous tentions un schuss contre le vent, celui-ci se lève brutalement et nous envoie une volée de glace qui nous mort à travers les vêtements. Je me flanque littéralement par terre en cherchant à me protéger etcela se termine en fou rire.
Le retour a été long. Konkordia platz était en train de dégeler. Le glacier était spongieux. Nous avons du traverser un certain nombre de ruisseaux où nous nous enfoncions.
Au final deux 4000 spectaculaires en un week-end où la météo était pourrie, je crois qu'on ne peut pas se plaindre !